Samedi 31 janvier 2009 6 31 /01 /Jan /2009 19:43
Autres còp genier avià 29 jorns e feurier ne'n avià trente....

una chabana de peira
 en Peiregòrd



La porte est basse et on s'interroge sur les gens qui ont construit ici, au milieu d'un champ de pierres loin de toute habitation. C'est ce que je me suis dit. Alors, j'ai pris ma pelisse et je suis parti à pied sur les sentiers, un peu au hasard car lorsqu'on cherche vraiment quelque chose, il suffit d'avancer sans se poser de questions, sans boussole, sans carte, sans guide. Je suis arrivé à une métairie, una borda coma se disia dins lo temps. Un vieux était assis sur un banc de pierre et semblait dormir mais lorsque je suis arrivé à portée de bonjour, il m'a lancé: "que voles, pitit?"
Je l'ai interrogé sur les cabanes et il a commencé à me balancer toutes les sornettes habituelles, les Gaulois, les paysans....

J'ai attendu qu'il ait fini, je l'ai regardé en soupirant et je me suis assis à côté de lui sur la lauze. Nous sommes s long moment sans bouger, sans rien dire. Un rouge-gorge s'est enhardi à venir picorer des miettes à nos pieds, surveillé par una sensilha perchée sur une branche de saule.

C'est au moment où le soleil commençait à se dissoudre derrière les arbres de la forêt, qu'il a ajouté, sans me regarder: "le père du père de mon père disait qu'autrefois, dans la famille, on connaissait ce peuple qui vivait là, à côté des hommes, mais si discrets, qu'on les voyait à peine, si transparents qu'on n'y faisait pas attention, si petits qu'on ne baissait pas les yeux sur eux. On les appelait les G'nar. Et puis, les hommes étant ce qu'ils sont, ils ont voulu les faire disparaître.... sans doute pour de mauvaises raisons. Quand le coeur de l'homme est noir, la vie est tujours menacée, tu le sais. Mais il s'est passé quelque chose, quelque chose que personne n'a compris. Un jour, les G'nar ont disparu totalement, comme ça, d'un coup. On a cru tout d'abord qu'ils étaient partis mais on s'est aperçu que certains évènements ne s'expliquaient pas très bien: des objets qui bougent de place, des outils qui disparaissent et reviennent, des traces curieuses, et certains ont compris qu'ils étaient là, plus transparents que jamais. Peu de monde est au courant. C'était un peuple curieux qui savait travailler la pierre, le bois, l'eau,... les éléments naturels. Les cabanes que tu vois aujourd'hui, nous les hommes, nous les leur avons empruntées, c'est là leur origine.
— Et aujourd'hui? ai-je demandé.
— Aujourd'hui? Il m'a regardé et m'a invité à entrer.

Ce qu'il m'a dit ensuite, c'est une autre histoire.

Peut-être un petit coup d'oeil sur d'autres cabanes? en cliquant ici: GALERIE CABANE


Par La rantela - Publié dans : Photos - Communauté : Périgord
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